[ Ils me prouvent leur amitié, moi la mienne et puis pour un regard, un geste, une parole, je perds confiance, je sens un doute insupportable m'envahir :"Et s'il n'avait pas envie de me voir ? C'est moi qui le rends triste ? Si ce n'était pas moi, il me dirait la raison..." Si les autres ne se montrent pas à chaque instant qu'ils sont heureux que je sois là, que je ne les gène pas, je me sens aussitôt ridicule, déplacée et je les quitte. [...] Est-il vrai qu'à partir du moment où l'on sait, on peut, sans difficulté, modifier son comportement ?
Mais, malheureusement, je n'y crois pas. ][ Même le temps est triste, anéanti, maussade. Il peut être tout ce qu'il veut, de toute façon, je déteste le soleil, surtout derrière les vitres sales d'une salle commune.Même en montant sur ma chaise, je ne parviens pas à apercevoir la cour, à peine un petit carré de ciel. [...] Mais on ne m'a pas dit comment il fallait faire... et je me suis trompée de chemin, comme toujours, j'ai encore perdu. J'ai presque envie de dire que c'est pas important, je ne veux rien apprendre ici. Il est déjà trop tard. Justement j'ai trop appris et pas dans les livres. J'ai appris à refuser, à m'échapper. Je reste avec mon rêve devant la vitre teintée, et je ne veux pas penser qu'il puisse n'être qu'un rêve... ]
[ J'essaie de retrouver un monde, je regarde tous les chemins avant de choisir le mauvais, mais rien n'est indiqué et personne ne veut me tendre la main, ou plutôt, je ne veux en prendre aucune. Une angoisse me serre le coeur. Ici, la solitude est moins belle car elle est fausse tout en ayant l'apparence d'être véritable. Plus douloureuse. Vivre, qu'est-ce que cela veut dire? Je ne sais pas. Je veux dire, je ne sais pas si cette fois-ci j'ai trouvé la vraie route. Je n'arrive pas à oublier... ]
[Le Pavillon des Enfants Fous ]
V.Valère